UNE CARICATURE ANTISÉMITE N’EST PAS UNE OPINION ET N’A PAS À ÊTRE FINANCÉE PAR DES FONDS PUBLICS
Communiqué de presse, 29 juillet 2026
À propos de l’image représentant Georges-Louis Bouchez coiffé d’un entonnoir, devant un drapeau américain dont les cinquante étoiles ont été remplacées par une étoile de David, présentée dans le cadre d’une exposition organisée à Jette par une ASBL, le Jetse Atelier 34zero Muzeum, subventionnée par la commune. Merci à Anna Hovsepyan, échevine à Jette, de nous avoir alerté sur cette enième manifestation de cet antisémisme sournois qui secoue notre pays depuis le 7 octobre 2023.
Nous tenons à qualifier cette image pour ce qu’elle est : une caricature antisémite. Non parce qu’elle attaque un responsable politique – c’est le métier du dessin de presse, et nul n’y échappe ni ne devrait y échapper – mais parce qu’elle mobilise, pour le faire, le plus ancien des schémes complotistes: le mythe du contrôle juif des gouvernements. Et nous tenons pour intolérable qu’elle ait été exposée au public sous l’égide d’une association financée par des deniers communaux.
Bannière représentant G-L Bouchez par l’artiste flamand ENCQ (Henk De Ruddere)
Une caricature exagère le réel ; celle-ci l’invente.
Là est le partage décisif. Le dessin satirique grossit un trait vrai : une posture, une obstination, une contradiction. Représenter Georges-Louis Bouchez en défenseur inconditionnel d’Israël, moquer son refus de retenir (fort à raison à notre avis) la qualification de génocide à Gaza, brocarder son aplomb, tout cela serait de bonne guerre démocratique. Cette image fait autre chose. Elle ne grossit pas un comportement : elle en nie son auteur. Elle glisse de ce qu’un homme « fait » à ce qu’il est censé « être » : un pantin décervelé aux mains des Juifs et ce glissement est précisément le seuil de l’antisémitisme. Le message n’est plus « il a tort » ; il est une marionnette, une créature des Juifs.
En conséquence, l’Institut Jonathas demande :
- le retrait immédiat de l’œuvre de l’exposition ;
- une prise de position publique du collège communal de Jette sur le financement accordé ;
- la communication des critères ayant présidé à la sélection des œuvres, et l’identification des responsables de cette sélection ;
- l’adoption, pour tout subside communal à un projet culturel, d’une clause de conformité à la définition opérationnelle de l’antisémitisme retenue par la Belgique.
29 juillet 2026
Créé en mars 2024 suite aux massacres du 7 octobre et à leurs répercussions en Europe, l’Institut Jonathas est un centre d’études et d’action contre l’antisémitisme et contre tout ce qui le favorise en Belgique.

